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Pourquoi la cave non ventilée est le terrain idéal pour la mérule dans les Côtes-d'Armor

Équipe BZH Qualité 3 mars 2026 7 min de lecture
Pourquoi la cave non ventilée est le terrain idéal pour la mérule dans les Côtes-d'Armor

La mérule (Serpula lacrymans) n'est pas un champignon qui se répand au hasard. Ses conditions de développement sont précises : température entre 18 et 22°C, bois dont le taux d'humidité dépasse 20 %, obscurité et absence de ventilation. Dans les Côtes-d'Armor, les caves des immeubles en schiste du centre de Lannion, les vides sanitaires mal aérés des longères de Guingamp, et les sous-sols des maisons de pêcheurs de Paimpol remplissent régulièrement ces critères.

Les conditions de développement de la mérule

Serpula lacrymans est en réalité un champignon assez exigeant : il ne tolère pas les températures élevées (au-dessus de 26°C, sa croissance s'arrête), ni la sécheresse (bois à moins de 18 % d'humidité, il entre en dormance), ni la lumière directe. Ce qui en fait un problème difficile à détecter, c'est précisément qu'il se développe dans les endroits où on ne regarde pas souvent. La cave fermée depuis plusieurs années, le vide sanitaire sous le plancher, l'espace sous l'escalier avec un solivage posé directement sur un mur en schiste humide : ce sont ses terrains de prédilection dans le 22.

La progression dans la maçonnerie : ce qui la rend dangereuse

La mérule possède une capacité que peu de champignons partagent : elle peut traverser la maçonnerie. Son mycélium produit des cordons racinaires (rhizomorphes) capables de progresser dans les joints de mortier, entre les pierres, à travers les matériaux poreux. Ces rhizomorphes servent de voies de transport de l'eau et des nutriments, ce qui permet au champignon de se propager d'une pièce à l'autre sans avoir besoin de bois en continu. Dans un immeuble de centre-ville avec des cloisons en schiste non étanches, une infestation au sous-sol peut atteindre le premier étage en quelques mois sans jamais montrer le moindre signe à l'extérieur des murs.

Les configurations à risque dans les Côtes-d'Armor

Quatre situations sont particulièrement favorables à la mérule dans le 22. Les caves en schiste de centre-ville (Lannion, Guingamp, Dinan) : maçonnerie ancienne jamais étanchée, ventilation nulle, solivage en chêne ou en sapin posé à même les murs humides. Les vides sanitaires des longères du Centre-Bretagne : souvent trop bas pour permettre une inspection, avec un taux d'HR qui stagne entre 80 et 95 % en hiver. Les sous-sols des pavillons des années 70-80 avec des fenêtres de soubassement condamnées pour le chauffage. Les maisons de pêcheurs en front de mer à Paimpol ou Erquy : planchers bas proches du sol, murs exposés aux embruns.

Comment suspecter une mérule sans démonter

Les premiers signes sont olfactifs avant d'être visuels. Une odeur de cave, de champignon frais ou d'humus dans une pièce du rez-de-chaussée, alors que la cave est fermée, est un signal sérieux. Si en appuyant sur les lames d'un plancher bois on sent qu'elles cèdent légèrement, que le bois manque de rigidité, c'est une autre alerte. Les taches d'humidité au bas des murs sans salpêtre visible (l'eau arrive par les rhizomorphes, pas par capillarité classique) et les plinthes qui se décollent brusquement sont aussi des indicateurs. Un technicien spécialisé peut confirmer en quelques minutes avec un hygromètre de contact et une inspection visuelle systématique du solivage accessible.

La mérule est déclarable en mairie : ce que ça change

Depuis la loi ALUR de 2014 (article L. 133-1 du Code de la Construction et de l'Habitation), la mérule est un risque déclarable dans certaines zones définies par arrêté préfectoral. Dans les Côtes-d'Armor, les zones à risque couvrent une grande partie du littoral et des secteurs humides intérieurs. La non-déclaration peut avoir des conséquences lors d'une transaction immobilière. Un professionnel spécialisé vous accompagne dans la démarche administrative en parallèle du traitement technique.

Le traitement et surtout la prévention de la récidive

Le traitement curatif de la mérule repose sur deux phases. La purge des bois infestés irrécupérables (ceux dont la section est compromise) et le traitement des bois sains ou partiellement atteints par injection et pulvérisation de fongicide. La maçonnerie environnante est traitée dans un périmètre étendu, car les rhizomorphes progressent loin du foyer visible. Mais sans traitement de la source d'humidité, la récidive est certaine. Ventiler le sous-sol, corriger les remontées capillaires, assurer l'étanchéité du plancher bas : c'est cette deuxième étape qui détermine la durabilité du traitement. Un retour de mérule dans les deux ans suivant un traitement sans correction de l'humidité est une situation que l'on voit régulièrement sur le terrain.

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